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L'histoire de l'art inspire Chloé pour sa Winter Campaign 2026

«Pour cette campagne, je souhaitais exprimer la dévotion à travers les femmes, l’immensité des paysages ouverts et le savoir-faire. La nature nous ramène à l’instinct, à la liberté et au lien. Dans cette ouverture, la féminité se déploie avec une force indomptée et un profond esprit de communauté.»

Chemena Kamali, Directrice de la Création de Chloé
Photographiée par Inez Van Lamsweerde et Vinoodh Matadin, la campagne Hiver 2026 de Chloé se déploie au fil des variations de la lumière et de paysages sauvages, où savoir-faire, éléments naturels et féminité instinctive se rejoignent dans une expression d’humanité, de liberté et de lien. Les inspirations folkloriques et la main humaine se rencontrent pour exprimer une vision à la fois intemporelle, intuitive et profondément ancrée dans l’esprit de Chloé.Raquel Zimmerman, Jacqui Louise, Thalita Ferreira et Sarah Isaksen évoluent librement au cœur de cette immensité, incarnant l’esprit de communauté et les valeurs durables de la Maison à travers leur lien instinctif avec la nature.Plongée dans la clarté de la lumière hivernale, la collection se révèle à travers le mouvement, l’atmosphère et les éléments en perpétuelle évolution. Façonnées par le vent et ancrées dans leur environnement, les silhouettes semblent ne faire qu’un avec la nature. Le paysage n’est ni un décor ni une destination, mais une force vivante qui accompagne chaque geste et révèle la collection.


Le choix n'est pas anodin : Sorolla, Monet (impressionnisme domestique, douceur) et Stanhope appartiennent à des courants différents mais partagent un même sujet — la figure féminine absorbée dans la nature, insouciante du regard extérieur. Chloé construit ainsi un fil rouge éditorial autour de la féminité romantique et rêveuse, ancrée dans une histoire de l'art du XIXe siècle plutôt que dans les codes de la mode contemporaine, en totale cohérence avec l'identité bohème-chic que la maison cultive depuis plusieurs saisons.

Joaquín Sorolla, Paseo a orillas del mar (1909)


Quatre silhouettes de dos marchant vers l'horizon marin. Chloé reprend l'alignement en diagonale et le point de vue surélevé, mais inverse la logique chromatique : le blanc dominant de Sorolla (avec sa seule touche rouge) devient chez Chloé une explosion de couleurs — rouge, vert, bleu, vichy rose — où c'est au contraire l'unité qui disparaît au profit de l'individualité de chaque silhouette.

Claude Monet, Le Printemps (aussi appelé La Liseuse, 1872, Walters Art Museum)


Le tableau montre Camille Doncieux, la première épouse de Monet, assise en train de lire sous une tonnelle de lilas, dans une robe blanche et rose en dentelle, sous une lumière filtrée par le feuillage. La campagne Chloé cite directement cette posture assise, jambes repliées sous une robe déployée en corolle, dans un pré fleuri — jusqu'au jeu d'ombre et de lumière naturelle. Le sac noir structuré et les bottines sont les seuls éléments qui ancrent l'image dans la modernité, le reste (robe blanche vaporeuse, position, cadrage rapproché) est une citation quasi littérale.

John Roddam Spencer Stanhope, Robin of Modern Times (1860)


C'est la référence la plus frappante et la plus précisément documentée : le tableau représente une jeune femme endormie sur un talus herbeux, les jambes écartées, portant une robe bleu foncé sous une cape noire, avec une couronne tressée de pâquerettes dans sa main droite et deux pommes posées près de son visage. La photo Chloé reprend presque à l'identique cette mise en scène : figure allongée, tête reposant sur le bras, corps alangui dans les fleurs des champs — seule la couronne de fleurs et les pommes du tableau original sont ici remplacées par le décor floral environnant lui-même.

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